CONFÉRENCE-MANIFESTE
SAMEDI 14 JUIN de 14H30 à 16H30  (pause café de 16h30 à 17h00)
Animation par Xavier de La Porte, producteur de Place de la toile, sur France-Culture

Une suite de rencontres, débats, projections, performances…
Cette conférence, à la forme volontairement originale – tout le contraire d’un colloque universitaire ou d’une intervention solennelle – est en même temps un manifeste. Une affirmation. Appuyée sur l’imagination et le talent de quelques-uns de ceux, nombreux, qui aujourd’hui inventent envers et contre tout le cinéma et la vidéo de demain. En présence d’artistes et de penseurs de notre nouvelle « condition numérique ».

Nous invitons le public à rentrer librement dans la salle.

1ère partie :
Les outils de copiage, de transformation, de montage, les caméras mobiles, les webcam, ainsi que le développement des réseaux sociaux, des échanges « peer to peer », ont permis l’invention de nouvelles pratiques qui relèvent parfois de la création, mais parfois aussi de la simple conversation. Lorsque les fans de l’univers d’un livre, d’un film ou d’une série télé, par exemple, écrivent et partagent des suites, des variations, des alternatives, les frontières entre amateurs et professionnels, entre artistes et public, déjà ténues, s’estompent encore.
L’appropriation des œuvres par leurs publics n’est pas un phénomène nouveau : il est même essentiel à toute pratique culturelle. Mais le contexte produit par le numérique brouille jusqu’à la notion d’auteur et exacerbe les conflits autour de la propriété intellectuelle.

En présence de :
Marc Le Glatin, directeur du Théâtre de Chelles, auteur de Internet, un séisme dans la culture, Editions de l’attribut, 2007 ; Mélanie Bourdaa, Université Bordeaux 3, Laboratoire MICA (Médiation, Information, Communication, Art), spécialiste du transmédia, du rapport entre les industries culturelles et les pratiques médiatiques ; Serge Bromberg, producteur, réalisateur, fondateur et animateur de la société Lobster Films, cinémathèque privée qui sauve et restaure des films anciens, en particulier des œuvres tombées dans le domaine public ; Emmanuel Pierrat, avocat au barreau de Paris, spécialisé dans le droit de l’édition et de la propriété intellectuelle, éditeur, romancier et essayiste ; Lionel Maurel, bibliothécaire et blogueur, il plaide pour une évolution du droit d’auteur adaptée à l’ère numérique. Il a co-fondé avec Silvère Mercier le collectif Savoirscom1 Lionel Maurel est membre du collège d’orientation stratégique de l’association La Quadrature du Net pour la défense des libertés citoyennes sur l’Internet ; Eric Walter, secrétaire général de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi) ; Maurice Benayoun, artiste, pionnier de la création numérique, professeur et chercheur à la School of Creative Media de City University of Hong Kong ; Sabine Massenet, artiste plasticienne, vidéaste, pratique le recyclage d’images télévisuelles ou cinématographiques, qu’elle  « re-monte » en se jouant des codes visuels propres à ces deux médiums.

Dominique Moulon, historien de l’art et de la technologie, auteur de Art contemporain nouveaux medias, Scala, 2011, et commissaire de nombreuses expositions d’art numérique, jouera le rôle d’explorateur parmi les artistes numériques à plusieurs reprises pendant toute la durée de la conférence.

Philippe Aigrain, chercheur, informaticien, essayiste, il milite en faveur des biens communs et contre les abus de la propriété intellectuelle et de l’appropriation de l’information par quelques- uns. Il jouera le rôle de perturbateur pendant toute la durée de la conférence.

Cette conférence sera filmée et retransmise en live sur notre site grâce au soutien de notre partenaire EV Corporate.

Retrouvez ici les explorations vidéo de toute une après-midi d’interrogations, de réflexions et de découvertes :

Introduction :
Rear Window Timelapse, de Jeff Desom, 2012

Toutes les scènes du film Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock sont filmées depuis l’appartement de James Stewart, un photographe qui s’est retrouvé dans un fauteuil roulant suite à un accident. Jeff Desom a disséqué toutes les scènes du film et les a collées pour en faire une vue panoramique. Il a bien sûr gardé l’ordre chronologique. Le tout a été réalisé avec After Effects et Photoshop.

Que deviennent les images entre nos mains et nos outils numériques ?
Drei Klavierstücke op. 11, de Cory Arcangel, 2009

Drei Klavierstücke op. 11 est une réinterprétation de l’opus 1909 d’Arnold Schoenberg. Cent ans après que la pièce ait été écrite, Cory Arcangel a décidé de la réinterpréter grâce à des vidéos YouTube de chats jouant du piano. Cette vidéo est le résultat du montage de 170 vidéos de chats différentes.

Hello World!, de Christopher Baker, 2008

Hello World! est une installation vidéo immersive, avec plus de 5000 journaux vidéo trouvés sur Internet. Le projet est une méditation sur la situation contemporaine de la démocratie, les médias participatifs et le désir humain fondamental d’être entendu.

Game of Thrones Season 4 Trailer – Everybody Wants to Rule the World de LadyDogTrailers, 2014

 

Cette bande-annonce réalisée par un fan de la série « Games of Thrones » est la première vidéo postée sur le compte de l’utilisateur « Lady Dog Trailers« , mais elle enregistre déjà près de 40.000 vues et les commentaires sont unanimes: le montage, assemblé à partir des images du making-off et rythmé par Everybody Wants to Rule the World de Lorde, est bien plus puissant que les bandes-annonces officielles.

Mais alors, et le droit dans tout ça ?
H-Man : les 1001 pirates, de Joseph Cahill, 2014

Les agents HADOPI traquent tous les pirates et leurs téléchargements illégaux. H-MAN réussira-t-il à réconcilier les internautes et le monde de la culture?
Arthur H est H-MAN dans le nouveau programme court d’Arte réalisé par l’extraterrestre New Yorkais Joseph Cahill. Une expérience audio-visuelle de 10 épisodes de 5 minutes tellement forte qu’il est conseillé de la regarder avec des lunettes 3-D pour filtrer les ondes radioactives de la planète Zexton clandestinement transmissent !
Découvrez la nouvelle série ovni H-MAN diffusée sur ARTE

RIP DVD CANNES SELECTION 25Go PRESS ONLY, de Palais Duplex, 2014

Sur son site internet, la chaîne Arte a joué un tour aux internautes. La chaîne invitait en effet ceux-ci à télécharger gratuitement l’ensemble des films de la sélection officielle du Festival de Cannes 2014. En réalité, le lien menait vers une vidéo d’avertissement d’Hadopi sur le respect du droit d’auteur !
En savoir plus : http://info.arte.tv/fr/comment-telecharger-gratuitement-tous-les-films-de-la-selection-de-cannes-2014-en-torrent

Algorithmic search for love, de Julian Palacz, 2010

Algorithmic Search for Love est un moteur de recherche d’un nouveau genre. En entrant par exemple une requête telle que “je t’aime”, l’œuvre créée par Julian Palacz va rechercher dans une base de données, conçue par l’artiste, toutes les séquences vidéo d’extrait de films dans lesquelles ces mots sont prononcés. En les diffusant bout à bout et en temps réel sur l’écran, un nouveau récit audiovisuel se fait jour pour le spectateur.
Algorithmic Search for Love a été présenté lors de la troisième édition du MashUp Film Festival en 2013 au Forum des images : http://www.mashupfilmfestival.fr/edition-2013-du-mashup-film-festival/

The Clock, de Christian Marclay, 2010

The Clock est un montage vidéo de 24 h, constitué de milliers de séquences cinématographiques ou télévisées liées au temps. Il s’agit dans les faits d’une horloge : toutes les scènes contiennent une indication de l’heure (par exemple, une montre, une alarme ou un dialogue) et sont synchronisées avec l’heure de la projection. En d’autres termes, lorsqu’une horloge indique 15:32 dans le film, il est également 15:32 à la montre du spectateur.

Cross-fire, Natural Occurrence series, de Geoffrey Mann, 2010

Cross-fire from Geoffrey Mann Studio on Vimeo.

Cross-Fire de Geoffrey Mann rend visible l’effet physique d’une conversation sur les objets environnants.La vidéo s’appuie sur un extrait audio du film American Beauty de Sam Mendes : il s’agit de la célèbre scène du dîner, durant laquelle la conversation entre les deux protagonistes (Kevin Spacey et Annette Bening) va crescendo, jusqu’à finir en dispute à couteaux tirés.
À partir de la reconstitution de la table du repas, vidée de toute présence humaine, Geoffrey Mann utilise la technologie 3D pour déformer la vaisselle, qui se plie et se déplie sous l’effet plus ou moins violent des mots échangés par les époux. Sont également présentées des sculptures réalisées par prototypage rapide. Une théière, une tasse, des couverts portent les traces physiques des ondes sonores, tels des pièces à conviction arrachées à l’écran de cinéma.

Voir les sujets et les invités de la 2ème partie.

 

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